dimanche 8 janvier 2012

Elevages : la dérèglementation se poursuit La date n’a pas été choisie au hasard !

Elevages : la dérèglementation se poursuit
 La date n’a pas été choisie au hasard !
photo élevage
A peine croyable : c’est en pleine période de fêtes de Noël et du Nouvel An que le ministre de l’agriculture a choisi de “consulter le public” sur un projet de modification de la réglementation relative aux zones d’excédent structurel de lisier ! Chacun le sait, en cette période de fêtes, les citoyens surveillent assidument les projets de textes mis en ligne sur le site internet du ministère de l’agriculture… Sans doute le ministre de l’agriculture souhaitait-il éviter de donner trop de publicité à deux projets de décret et d’arrêté ,qui constituent le troisième volet d’une régression parfaitement organisée de la législation applicable aux élevages intensifs.
Premier étage de la fusée, le décret du 10 octobre 2011: par une acrobatie sémantique (passage du plafond d’épandage de la surface épandable à la surface totale), il permet une augmentation des épandages de lisier d’environ 30 % .
Second étage, l’arrêté ministériel du 19 décembre : il modifie les normes de production d’azote pour les vaches laitières, par un dispositif qui favorise les élevages intensifs nourris au maïs et pénalise les élevages herbagers ; et pire, il autorise à présent ce qui hier était interdit, l’épandage de lisier sur les cultures pièges à nitrates (couverts hivernaux).
Dernier étage, les projets de décret et d’arrêté actuellement soumis à consultation: ils ont vocation à  abroger l’interdiction mise en oeuvre depuis 1998 pour les élevages les plus importants situés en zones d’excédent structurel d’augmenter leur cheptel ! A cette interdiction est substitué un vague projet de suivi de l’azote au niveau départemental, sachant que les marchands d’engrais (coopératives ou fournisseurs privés) ne sont toujours pas concernés par l’obligation de déclaration des quantités vendues ! Ce qui rend les flux d’azote réellement épandus sur les sols agricoles parfaitement opaques ! Enfin, les projets de textes ne mettent pas fin à l’inextricable complexité qui caractérise aujourd’hui la politique de lutte contre les nitrates, avec le maintien de l’empilement des différents zonages (zones vulnérables, zones d’action renforcées, zones d’excédents structurels).
télécharger la note d’analyse d’ERB
télécharger le projet de décret
télécharger le projet d’arrêté
pour participer à la consultation

vendredi 6 janvier 2012

Bientôt des OGM tolérants à l'agent orange


Ajout de blogue par Eric Darier, Directeur -
En plein milieu des vacances de Noël, le gouvernement américain a annoncé son intention d’autoriser des OGM tolérants à l’un des ingrédients toxiques de l’ « agent orange ». Rappelons que l’armée américaine a utilisé massivement l’herbicide Agent orange durant la guerre du Vietnam, ce qui aurait engendré des malformations congénitales chez 400 000 personnes (The Globe & Mail + photos).
Dow AgroSciences (propriété de Dow Chemicals) a néanmoins annoncé son intention de mettre bientôt en marché du maïs, du soya et du coton OGM résistants à l’un des ingrédients de l’agent orange : l’acide 2,4-dichlorophénoxyacétique (2,4-D). Le 2,4-D est considéré comme étant un perturbateur endocrinien, et causerait des cancers et autres maladies. Même le ministère des Vétérants des États-Unis a un site internet spécialement dédié aux conséquences de l’agent orange.

Toujours des fausses promesses sur les OGM

À la fin des années 1990, lorsque le lobby des biotechnologies (principalement Monsanto) tentait de convaincre les gouvernements d’autoriser les plantes génétiquement modifiées (OGM), les industriels prétendaient que les plantes OGM résistantes aux herbicides permettraient de réduire l’utilisation de ces produits toxiques. (En fait, l’utilisation des herbicides a atteint des records au Québec récemment)
En particulier, Monsanto voulait faire croire que l’herbicide Roundup (glyphosate) qui accompagne la plupart des OGM de Monsanto était moins nocif que d’autres herbicides. Quinze ans plus tard, les effets négatifs des herbicides à base de glyphosate commencent à être bien documentés (voir la synthèse de Greenpeace). Greenpeace avait alors exigé du gouvernement fédéral une « ré-évaluation urgente de toutes les formulations d’herbicides à base de glyphosate et un moratoire sur tous les nouveaux OGM tolérants au glyphosate ». On attend toujours une réponse. La seule bonne nouvelle est la décision d’un tribunal de la Colombie-Britannique qui a obligé les autorités canadiennes à ré-évaluer le Roundup pour ses impacts négatifs sur la santé.
De plus, les mauvaises herbes commencent à être résistantes aux herbicides à base de glyphosate, ce qui pousse les agriculteurs à utiliser plus d’herbicides et encore plus toxiques comme … le 2,4-D! En mettant sur le marché du maïs, du soya et du coton OGM tolérant au 2,4-D, on peut donc prédire qu’à terme, les mauvaises herbes deviendront également tolérantes à ce produit toxique; c’est d’ailleurs ce que certains scientifiques indépendants prédisent (lire l’article publié dans Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States). Le 2,4-D devra-t-il alors être remplacé par des herbicides encore plus toxiques? Bref, nous sommes engagés dans une spirale sans fin que les OGM ont permis d’accélérer.
En plein milieu des vacances de Noël, les autorités américaines ont ouvert une période de consultation publique de 60 jours (jusqu’au 27 février 2012) pour autoriser les OGM de Dow. Si les États-Unis autorisent ces plantes OGM tolérantes au 2,4-D, il est presque certains que le gouvernement canadien suivra.

ACTION!

Envoyez un courriel aux ministres de l’agriculture et de la santé pour dire NON aux OGM de Dow tolérants au 2,4-D! Envoyez-leur le lien de ce blogue.  Merci!
L’honorable Gerry Ritz
Ministre de l’Agriculture et Agroalimentaire
Agriculture et Agroalimentaire Canada
1341, chemin Baseline
Ottawa (Ontario) K1A 0C5
Par internet
+++++++
L’honorable Leona Aglukkaq, c.p., députée
Ministre de la Santé
Santé Canada
Édifice Brooke-Claxton, pré Tunney
Ottawa (Ontario) K1A 0K9
Par internet