samedi 31 janvier 2009

Sarkozy annonce un nouveau réacteur nucléaire à Penly en Seine Maritime: Un retour en arrière et une grave erreur..

  • Sarkozy ne recule devant aucune contradiction : lors du discours de cloture du Grenelle de l’ Environnement, le 26 Octobre 2007, il a déclaré : « Je ne veux pas de nouveaux sites nucléaires . Il y aura bien une réduction de la part du nucléaire dans notre consommation d’ énergie »
  • Ce projet nucléaire est une aberration économique et écologique, il va à l’encontre du développement des énergies renouvelables.
  • L’ offre d’ électricité va augmenter considérablement et donc les pouvoirs publics vont devoir favoriser la consommation électrique ( en particulier le chauffage électrique).On est loin de l'objectif de 23% d' énergies renouvelables en 2020 et de 20% d' efficacité énergétique.
  • Par ailleurs, ce projet est annoncé sans aucune concertation hormis avec le lobby nucléaire bien sûr , et sans évaluation des besoins
  • Bref, Sarkozy montre une fois de plus , l’immensité de ses contradictions et de son déni de démocratie…et l'immensité de la distance qui le sépare de la préservation de l' environnement .....
L' article de Eric DELHAYE cap 21 et conseiller national du Modem
  • La décision de relancer le nucléaire, sans concertation et sans évaluation, est contraire à l'esprit et à la lettre du Grenelle de l'environnement. Elle risque de privilégier une consommation électrique tous azimuts, au détriment des objectifs communautaires en matière d'efficacité énergétique et d'énergies renouvelables et constitue une aberration économique.
  • Pour Corinne LEPAGE, présidente de CAP21 et vice-présidente du Mouvement Démocrate, le retour au tout nucléaire et à une politique du passage en force qui a caractérisé la mise en place du programme électronucléaire dans les années 70 tourne en tout point le dos à une vraie politique de développement durable et rend en réalité impossible la réalisation effective de la loi Grenelle. En effet, les décisions de construction d’un nouveau réacteur EPR en Seine Maritime et les réflexions autour d’un troisième EPR aboutissent à augmenter considérablement l'offre d’électricité et rendent totalement virtuel l'objectif de 23% d'énergies renouvelables en 2020 et de 20% d'efficacité énergétique à cette date.
  • En effet, pour vendre son courant, qui ne se stocke pas, et amortir le coût faramineux de réalisation des EPR (le prototype finlandais avoisine les 5 milliards d'euros), les exploitants, aidés bien entendu par les pouvoirs publics, vont devoir favoriser la consommation électrique, c'est-à-dire continuer à promouvoir le chauffage électrique et lutter contre l'efficacité énergétique.
  • Ils ont d'ailleurs commencé très activement à le faire avec l'amendement Ollier, pour éviter que les objectifs d'efficacité énergétique dans les bâtiments soient applicables aux bâtiments chauffés à l'énergie électrique d'origine nucléaire. Ils vont continuer en essayant de dissuader le législateur d'abord, les consommateurs ensuite, de construire des bâtiments à énergie positive a fortiori à énergie passive et d'investir dans l'isolation. C'est le secteur du BTP, celui des matériaux intelligents qui est menacé.
  • Et pour que l'énergie nucléaire soit vendue, il faut évidemment qu'elle n'ait pas de concurrents. Il est donc impératif de détruire le frémissement de développement de l'énergie éolienne et de tuer dans l'œuf l'essor d'une énergie solaire alors que des projets de mise en réseau des parcs éoliens offshore de la mer du nord et de mise en réseau de centrales solaires à concentration en Europe du sud: Portugal, Espagne, Italie, Grèce etc.) ouvrent des perspectives particulièrement intéressantes. D'où la bronca orchestrée contre l'énergie éolienne et la baisse de tarif de rachat de l'électricité solaire dans le tertiaire pour tuer la rentabilité des projets qui étaient en cours. Il s’agit là d’une véritable aberration économique : le chauffage électrique est, économiquement et techniquement, une cause d'importation de courant de pointe au prix fort.
  • Pour imposer ce passage en force, il va de soi qu'il n'est pas possible d'appliquer les nouveaux modes de rationalité économique promus par le Grenelle, ni de suivre, dans l'esprit et dans les textes, les procédures de concertation, de participation prévues au niveau communautaire et transcrites dans les lois Grenelle.
  • Ainsi, le modèle économique que construit cette orientation tourne délibérément le dos à tout l'effort mené dans le cadre du Grenelle et aux politiques suivies par les autres pays du monde, à commencer par les Etats-Unis, il tourne le dos aussi à l’expression des Français peu enclins au développement du nucléaire dans notre Pays.
  • Pour Eric DELHAYE, président délégué de CAP21 et membre du bureau national du Modem, l’Etat consolide le modèle centralisateur de la production électrique au lieu de promouvoir la relocalisation d’une partie de la production par les énergies renouvelables, source de croissance et d’emplois pour les territoires ruraux et la frange littorale. Au lieu du New Deal écologique qui favorise une économie d’initiative, Nicolas Sarkozy engage aujourd’hui notre pays dans un New Deal nucléaire et retourne trente ans en arrière.
  • Son plan de relance qui consacre l’automobile et le nucléaire ruine le développement d’une puissante industrie française de l'électricité renouvelable alors que son activité ne nécessite aucun préalable scientifique et technique coûteux, pose peu de problème d'acceptabilité, offre une rentabilité garantie en amélioration constante, revitalise les territoires à l’écart des grandes dynamiques urbaines.
  • Malheureusement, une fois encore, pour des raisons idéologiques, la religion du nucléaire, notre pays se trompe d'époque, se trompe de choix industriels et pour satisfaire nos champions hexagonaux des lobbies, désormais tous rassemblés, condamne à mort les éco-industries du XXIème siècle qui avaient cru que le Grenelle leur ouvrait une nouvelle voie.
Article de FNE ( France Nature Environnement)

Création d’un deuxième EPR : une erreur historique

  • Le Président de la République vient d’annoncer la création d’un nouveau réacteur nucléaire EPR à Penly en Seine Maritime. Réaction de FNE.
  • FNE exprime un sentiment de révolte à la suite de l’annonce par le Président de la République de la création d’un nouveau réacteur nucléaire EPR à Penly en Seine Maritime. Cette décision est sans doute conforme à l’intérêt du lobby nucléaire mais pas à l’intérêt général.
  • Une erreur historique. Lors de son discours de clôture du Grenelle de l’environnement, le 26 octobre 2007, le Président de la République avait déclaré : « je ne veux pas de nouveaux sites nucléaires ». Nicolas Sarkozy avait également déclaré : « Il y aura donc bien une réduction de la part du nucléaire dans notre consommation d’énergie ».
  • Pour Sébastien Genest, Président de FNE, « le développement du nucléaire est contraire à celui des énergies renouvelables. Il faut en finir avec un modèle énergétique centralisé, fragile en consommation de pointe, inadapté aux territoires et contraire à l’objectif premier de réduction de la consommation d’énergie, négocié lors du Grenelle de l’environnement. »
  • La relance par l’atome ? Le 19 décembre 2008, lors d’une réunion en présence des associations, Nicolas Sarkozy s’était engagé à ce que le plan de relance soit vert et pas gris.
  • Sébastien Genest poursuit : « Nous sommes consternés par l’empilement de décisions à courte vue : relance de trois programmes autoroutiers, octroi d’aides d’Etat au secteur automobile ou aéronautique sans contreparties environnementales, assouplissement des conditions de création des installations classées, création d’un nouvel EPR ……autant de décisions contraires à l’impératif d’une relance à la fois économique et écologique. Ces décisions irrationnelles ne peuvent être compensées par des mesures de verdissement ».
  • Un grave recul de la démocratie écologique. FNE rappelle que le droit de l’environnement impose que le débat public soit organisé à un « moment où toutes les options sont encore ouvertes » et avant qu’une décision publique ne soit prise.
  • Arnaud Gossement, porte parole de FNE, déclare : « Le nucléaire ne se satisfait que de la politique du fait accompli. La décision de créer un nouvel EPR est une atteinte à la démocratie écologique puisque la concertation n’a eu lieu qu’avec le lobby nucléaire ! Désormais, pourquoi se donner la peine d’organiser un simulacre de débat public dès lors que les dés sont jetés ? ».
  • FNE rappelle que la décision de création du premier réacteur nucléaire EPR à Flamanville avait déjà été prise avant même l’organisation d’un débat public, par la loi du 13 juillet 2005 d’orientation sur l’énergie. Pendant le débat public lui-même, Jacques Chirac, alors Président de la République, avait confirmé la décision de créer l’EPR…FNE avait alors engagé plusieurs actions en justice contre les autorisations délivrées pour la construction de ce réacteur.

Aucun commentaire: